dimanche 27 mai 2012
mardi 15 mai 2012
Qui est LA II et pourquoi n’a t-il jamais été reconnu ? - by Clayton Patterson
( Image utilisée par Clayron Patterson pour promouvoir l'exposition LA II organisée à la Outlaw Gallery . On y voit comment les deux artistes coproduirent visuellement leurs oeuvres, l'un ajoutant " LA II " , "LA ROCK" ety d'autres sigles autour des " Radiant babies" d'Haring.)
Cet article n’a qu’un seul but : remettre en
mémoire l’histoire d’Angel Ortiz , artiste portoricain
basé dans le Lower East Side .
Jeffery
Deitch , specialiste de Keith Haring et directeur du Los Angeles Museum of
Contemporary Art ( MOCA ), refuse depuis trop longtemps d’accorder à Angel
Ortiz la place qu’il mérite dans l’Histoire de l’Art. Connu sous le nom de
« Little Angel » et « LA II », Ortiz eût une importance
cruciale dans le processus qui permit à Keith Haring d'acceder la notoriété et à son œuvre d’aboutir au succès retentissant qu’on lui connaît. Pourtant, à cette heure, Angel Ortiz n’a gagné ni l’estime, ni l’assentiment qui lui est dû, c’est-à-dire d’avoir inspiré de façon
majeure son comparse Keith Harring, ayant considerablement influencé une œuvre désormais
acclamée par la critique.
De fait, le nom et l’identité du premier bras droit
de Keith Harring - Angel Ortiz –
qui s’associa au peintre pour créer
ce style visuel qui fit son succès, ne figureront que rarement au côté de leurs
œuvres réaliséss en collaboration et ce aussi
bien dans les expositions que dans l’histoire de l’art et de sa littérature.
Angel Ortiz mérite d’être célébré comme l’un des
artistes portoricains les plus importants et talentueux qu’ait engendré le
Lower East Side au XXème siècle. Désormais, sans qu’elles lui soient
attribuées, ses œuvres appartiennent à des collections privées et
institutionnelles, ses dessins sont également reproduits dans des ouvrages ou
sur des produits dérivés sans qu’il en ait connaissance ou qu’il ait
pu donner son accord. En d’autres termes, Ortiz a été soigneusement
évincé du monde de l’Art. En 1982, lors de la première grande exposition commune
de Keith et LA II chez Toni Shafrazi, la galerie ne référencera que Keith Haring et
bien qu’Ortiz y exposa également des œuvres, celles-ci ne lui seront pas attribuées.
Quelques temps après la mort prématurée de Keith Haring,
le Withney Museum of American Art organisa une rétrospective du peintre. Angel Ortiz s’invita à l’une des visites guidées
passant en revue l’accrochage de l’exposition. Le groupe s’arrêta
alors pour admirer l’une des collaborations des deux artistes, attribuée à tort
à Haring seul. LA intervient :
« Qui est LA II ?» Le guide, mal informé (ou ignorant tout de la
situation ) lui affirma qu’il s’agissait d’un artiste noir décédé quelques
années auparavant . Ortiz démentit bien sûr cette information, révélant
son identité au guide qui écourta les explications de l’artiste portoricain et
appela la sécurité.
Haring débuta sa carrière en tant qu’artiste
graphique. Une fois son partenariat avec Ortiz établi, l’imagination du peintre
et son vocabulaire visuel s’enrichirent et s’étoffèrent considérablement,
phénomène directement lié à leur alliance. Le rôle qu’ Ortiz a joué dans le développement
artistique d’Haring fut clairement déterminé en travaillant sur des œuvres
communes.
De leur collaboration découle une complementarité visuelle singuliere : leur sens de l’échelle, de l’espacement , la
consistance des lignes et des motifs. Cette interdependance l’était également
d’un point de vue pratique : rapidité d’exécution et endurance. Les deux
artistes travaillaient de façon similaire et en parfaite adéquation. Peu
de temps après les premiers succès du duo Haring/Ortiz, les opportunités se
multiplièrent : possibilité d’être représenté par les galeries,
vernissages à l’étranger, exposition tremplin dans les musées les plus
prestigieux.
Apres qu’Haring est cherché à tout prix à rencontrer
LA II au début des années quatre vingt, les deux hommes furent partenaires durant
six années consécutives, au cours de la décennie de carrière d’Haring. De fait,
selon LA, cette collaboration perdura en effet jusqu’en 1989, date à laquelle
Haring cessa de peindre. Ensemble,
ils produirent des centaines d’œuvres aujourd’hui cotées et prisées des
collectionneurs, exposées aussi bien à New York, Tokyo qu’en Europe. Ce
partenariat n’a finalement que peu de différences avec celui qui unit Braque et
Picasso aux origines du mouvement cubiste, mise à par le fait que Braque gagna
la reconnaissance qui lui était due. Par ailleurs, il est important de rappeler
que les écrits de Keith Haring ont toujours fait mention de LA II en racontant
son histoire. C’est à Deitch et au Withney, parmi d’autres historiens
de l’Art, critiques et marchands que l’on doit d’avoir négligé ou omis le rôle
joué par Ortiz dans la genèse et le
développement de l’œuvre d’Haring dans son ensemble.
Il existe deux épais ouvrages abondamment illustrés
faisant autorité sur l’œuvre de Keith Haring : l’un écrit par Jeffrey
Deitch, l’autre par le Withney Museum. Aucun de ces livres ne mentionne le nom
de LA II dans les reproductions des œuvres effectuées avec Haring , ainsi que
celles réalisées en solo par l’artiste portoricain
( Angel Ortiz , photo : Clayton Patterson )
Deitch
se vante d’avoir entretenu une relation de longue date avec Keith Haring. Selon
son site web, www.deitch.com/gallery/about.html,
il connaissait ce dernier depuis 1980 et est devenu le représentant exclusif de
l’artiste et de ses biens. Toujours est-il,
bien qu’il soit une autorité respectée concernant l’œuvre d’Haring et le
directeur d’une prestigieuse institution , Deitch ne peut apparemment pas faire
la distinction entre une pièce réalisée par Haring seul et une autre, coproduite
par le duo Haring/ Ortiz. Pourquoi ?
Angel Ortiz, alias LA II , est-il invisible car
portoricain ? Ce refus de lui inscrire une
place dans l’histoire de l’Art est-il le signe flagrant du classicisme et de
l’élitisme ? Angel Ortiz fait-il trop « ghetto » pour les cénacles
petit bourgeois ? Quelles véritables raisons justifient ce mépris flagrant
à l’égard de l’intégrité historique concernant l’attribution et la provenance
de l’œuvre de Keith Haring ?
Comme de nombreux artistes, talentueux
et authentiques, le style d’Ortiz est facile à identifier. Son trait si personnel
constitue la signature visuelle de son travail, sans parler des nombreux
« tags » qui pullulent explicitement sur chacune de ses œuvres.
N’importe qui (sauf peut-être un critique d’Art aguerri comme Deitch) pourrait
certifier de la contribution créative d’Ortiz. Les inscriptions « LA
II », « TNS » et « LA ROCK » figurent distinctement
sur des pièces qui sont néanmoins attribuées seulement
à Haring.
Pourriez-vous imaginer combien il
serait démoralisant que votre œuvre soit montrée au musée, dans des collections
privées, reproduites dans des ouvrages d’art et étudiée en classe, sans qu’aucun
crédit ne vous soit accordé ? C’est pourtant le destin d’Angel Ortiz. Il est aujourd’hui temps pour le
directeur du MOCA Jeffrey Deitch, ponte du monde de l’Art aux Etats-Unis, de rétablir
une fois pour toutes la vérité.
Source : THE VILLAGER, New York, Volume 80, Number 40, March 3 - 9, 2011
Trad : Laeti
dimanche 29 avril 2012
David Lynch - The Angriest Dog in the World
" The Angriest Dog in the World strip came about when I was working on Eraserhead.
I drew a little dog. And it looked angry. And I started looking at it
and thinking about it, and I wondered why it was so angry.
And
then I did a four-block strip with the dog never moving- three panels
were set in the day anyone was at night. So there's passage of time, but
the dog never moves. And it struck me that it's the environment that's
causing this anger- it's what's going on in the environment. He hears
things coming from the house. Or something happens on the other side of
the fence, or some kind of eather condition.
It
finally boiled down more to what he hears from inside the house. And
that seemed like an interesting concept. That it would just be balloons
of dialogue from within the house with a dog outside. And what was said
in the balloons might conjure a laugh.
The
L.A Weekly wanted to publish it. So they published it for many years.
After a couple of years, it was in the Baltimore Sun as well. Every
Monday I had to come up with what to say. Then I would phone it in. I
wouldn't always do the lettering and sometimes I didn't like the way the
lettering looked, so toward the end I did some of the lettering again.
The
editor who had taken on the cartoon went off to other paper partway
through the run, and I had different editors. Toward the end of the nine
years, the same editor who had taken it on came back to the paper. And
he asked me not to do it anymore. It had run its course. "
David Lynch , Catching the Big Fish .
jeudi 26 avril 2012
On Elephant's grief
"Consider a scene. On the edge of the savanna, an elephant rots. The cow had been sick for a week, stumbling, alone, over the hot plain. Ten days ago, it fell in the dust and died. Now its flesh has decomposed. Only the large skeleton recalls the mammoth's grandeur. A herd lurches near to the bones. The pack incomposed of females, all related, led by the matriarch. They'vehad no prior to contact with the dead beast.
They stand over the corpse. With theur trunks, they gently probe the bones, seizing choice remains, turning them in the sun, then dropping them. Eventually, each picks up a bone or tusk and carries it hundreds of yards away. "
Eric G. Wilson , Everyone Loves a Good TrainWreck, 2012
dimanche 22 avril 2012
Weegee - Coney Island - 1944
" It was after midnight and jet black. One of those nights when the moon
forgets to come out...but sweathearts like that. I took my shoes off so
as not to get sand in them and went walking in my stocking feet on the
beach, being careful not to bump into any couples. I wouldn't want to
disturb them for the world. Once in a while I would hear giggle or a
happy laugh, so I aimed my camera and took a picture in the dark using
invisible light.
It was so still. Once in a while there would be a flicker of a match lighting a cigarette. Love Making is so exhausting ... a happy kind of exhaustion ... and a cigarette gives one a chance to rest up and hear the heartbeat of one's partner . . . .
I walked nearer to the water's edge and stopped to rest against a life guard station look-out. I thought I heard a movement from above so I aimed my camera high and took a photo, thinking it was a couple who liked to be eclusive and do their love making nearer the sky. When I developed the picture, I saw that the only occupant on the look-out had been a girl looking dreamly towards the Atlantic Ocean. ...
What was she doing there among all the lovers ?... '
Weegee - Nacked City
mardi 17 avril 2012
Le peintre et son double - l'étrange histoire du Portrait de Dorian Gray
Lorsqu'en 1943, le réalisateur Albert Lewin décide d'adapter le célèbre roman d'Oscar Wilde à l'écran , il se voit confronter à une difficulté majeure: quel peintre saura rendre plastiquement l'immonde métamorphose du portrait de Dorian Gray ?
Ivan Le Lorraine Albright, originaire de Chicago sera désigné pour donner un visage à l'un des personnages les plus délicieusement abjects de la Littérature. Le style figurative du peintre, tourmenté et anxiogène, s'accorde en effet parfaitement à rendre les traits corrompus du jeune Dandy. L'oeuvre maudite, dévoilée à la fin du film deviendra alors un élément clé de mise en scène, son apparition dynamitant l'univers ouaté et bourgeois dans lequel se situe l'intrigue.
Aussi curieux que cela puisse paraitre , c'est à Malvin Albright, le frère jumeau d'Ivan, autant dire son double, à qui sera confier au départ la version classique du portrait de Dorian Gray. Si Albert Lewin changera finalement d'avis au dernier moment, confiant cette tache à un autre artiste , le peintre portugais Henrique Medina, il demandera aux jumeaux Albright de s'afficher ensemble autour de la toile de Malvin, celle qui ne figure pas dans le film, lors d'un reportage photographique réalisé par Life Magazine.
Les Jumeaux Albright et le premier portait de Dorian Gray
Les Jumeaux Albright et le mannequin ayant servi de modèle au monstrueux portrait.
Le visage de Dorian Gray , dans la version de Medina
Premieres transformations
Ivan Albright - Le portrait de Dorian Gray
Celle-ci fut offerte par le peintre à l' Art Institut of Chicago en 1977
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