mardi 7 février 2012

- La valse monstrueuse - Des Earls à Suehiro Maruo

Trouvée aux hasards de mes prospectons matinales,  cette carte postale de deux figures majeurs des Sideshow américains d'avant guerre, Harry Earls et sa soeur , Daisy , surnommée la "Mae West en modèle réduit". On raconte que c'est Harry qui, en 1932, mettra dans les mains de Tod Browning , le Spurs de Tod Robbins, cette fameuse nouvelle de 1923 à l'origine du scénario de Freaks. Les deux membres de la Doll Family y interpréteront d'ailleurs les rôles de Frieda et Hans , le couple lilliputien aux amours tiraillés par l'avarice de la venimeuse Cléopâtre.


Une guerre mondiale et quelques catastrophes atomiques plus tard,  cette posture théâtrale et finement acrobatique inspirera Suehiro Maruo pour La Jeune Fille aux Camelias. Joue contre joue, Midori et Masamitsu le Magnifique, les deux amants d'un Misemono reinterpretent chastement sur papier la double arabesque mythique des Earls.






samedi 4 février 2012

Dionysies gesticulantes - The Crazy world of Arthur Brown


Une drôle d'interview d'Arthur Brown réalisée pour la télévision belge en 1968. Vulcain britannique du rock psychédélique, Brown n'a malheureusement eu qu'un succès éphémère grâce à Fire, cette hymne payenne et tonitruante qui sera reprise la même année par Los Sirex. Sur ces quelques images d'archives, le chanteur au corpse paint à moustache , apparait comme à son habitude survolté et flamboyant, contorsionnant sa djellaba et saturant les enceintes belges de ses cris stridents. Son célèbre casque enflammé, apparemment responsable d'un certain nombre d'incendies involontaires, lui vaudront d'être banni des salles américaines , alors qu'il tourne avec Jimmy Hendrix.

Un petit moment d'anthologie donc, ou l'on voit Brown s'exprimer , sans son fartât ésotérique, sobre et plutôt piquant.




Crazy World of Arthur Brown - Belgium TV 1968 par Tushratta


The King and Queen - Second state - Marcel Duchamp - 1968

jeudi 2 février 2012

Crime sadique, Ackerstrasse - George Grosz - 1916/17

" Il y avait pour moi dans toutes ces étranges peintures d'attentats, d'incendies de grands magasins, de chasses aux criminels, d'exécutions, de catastrophes naturelles (...) , le romantisme d'un monde inconnu fourmillant de dangers et d'aventures sanglantes."




Laetitia's demented scrapbook I

Obsession photographique : depuis plusieurs années maintenant, je collectionne les collections. Les quelques heureux élus ayant été admis dans ma sacro-sainte galerie ont déjà constaté l'amoncellement hétéroclite d'objets divers et avariés qui constituent aujourd'hui mon gout incertain pour la "décoration". Les murs, placards et autres interstices de ma bibliothèque sont bourrés à craquer d'images photographiques qui, chinées, trouvées, prises par moi ou par d'autres n'ont jamais pu être vues. Pièces uniques, documents, collectés à travers mes pérégrinations, elles sont souvent morbides ou absurdes mais n'ont pas, selon certain, les qualités esthétiques, pour être exposées ou publiées. J'ai décidé aujourd'hui d'en exhiber certaines, au compte goutte, puisqu'elles sont et resteront, malgré leur amateurisme ou leur trivialité, des objets de pure fascination.


Document criminologique - Mexico - vers 1990


mercredi 1 février 2012

Sérénade squeletique




Adopte un foetus - Le Musée Zoologique de Londres

Comme beaucoup de institutions anglaises , les collections du Musée Zoologique de l'université de Londres sont gratuites, permettant aux amateurs de taxidermie et aux amoureux du formol d'y constater les extravagances de Dame Nature, sans débourser un centime. Conçu dans la pure tradition des cabinets zoologiques de l'époque victoriennes, chaques especes animales est exhiber dans l'une des huit grandes vitrines boisées , selon les critères propre à son espèce. Rapaces empaillés sobrement décaties, cerveaux en tranche et kangourou en bocaux s'entassent joyeusement depuis presque deux siècles, à l'affut des regards curieux qui se poseront quotidiennement sur leurs pelages poussiéreux et l'exhibition impudique de leurs systèmes digestifs.

Comment ce musée de poche fait il pour survivre, alimentés ses collections et conservés des specimens d'une rareté parfois surprenante ? Depuis quelques années , le Musée Zoologique de Londres a trouvé une solution plutot insolite pour pallier aux soucis financiers, en proposant pour 15 pounds au visiteur d' " adopter " le specimen de son choix , paternité symbolisée par une petite étiquette bleue cobalt posée près de l'heureux élu, qui porte désormais le nom de ses nouveaux géniteurs. Cette initiative plutôt touchante et également excessivement populaire, puisque ces fameux labels bleues sont absolument partout.

Je n'ai malheureusement pas eu le temps , ni le courage de choisir mon mignon parmis ces centaines de specimen plus attachants les un que les autres ... mais ma decision est prise : Crapeau du Surinam , toi et tes têtards dorsaux porterez bientôt mon nom .